Immigrer au Québec: le prix à payer

Publié le par intoxikinfo.over-blog.com

Lu sur Métro Montréal

 

Immigrer au Québec a un coût énorme. Non, je ne fais pas allusion aux frais payés à Immigration-Québec et à sa consœur du Canada ni aux coûts de la visite médicale, du transport et des frais d’installation. Je fais plutôt allusion à la fracture de l’âme.

Quitter famille, amis et souvenirs a un coût très élevé qu’ignore le candidat à l’immigration, car le principal souci de ce dernier est de quitter pour un ailleurs magnanime tellement il se sent coincé dans un cul-de-sac. La fuite étant la solution la moins mauvaise.

Ce n’est qu’une fois sur place que le phénomène de l’acculturation surgit de nulle part pour s’emparer de l’âme du nouveau Québécois. Ce que d’autres appellent nostalgie, est ici un mal de vivre qui étouffe et déstabilise le commun des mortels.

Et si par malheur la personne a décidé de quitter tout pour les mauvaises raisons, le drame est mille fois insupportable. Et par mauvaises raisons, je veux dire ceux qui immigrent pour accéder à la richesse et au succès personnel et professionnel en un laps de temps record. Ceux-là, ils vivront l’enfer sur terre une fois l’euphorie des premiers jours dissipée.

À mon humble avis, idéalement, immigrer équivaut à décider de quitter son pays d’origine pour refaire sa vie ailleurs… pour de bon. Un aller simple quoi! Ceux qui misent sur l’aller-retour se trompent royalement. Toutes les expériences de l’immigration le démontrent. Une fois installés dans le pays d’accueil, rares sont les immigrants qui retournent revivre dans leur pays d’origine.

En effet, on ne pourrait prévoir le coût de cette volonté de fuir qu’une fois rendu ici! Même ceux parmi les immigrants qui décrochent de très bons emplois, accèdent à la propriété d’une maison et jouissent d’un cadre de vie familial aisé ne sont pas à l’abri de se sentir étrangers à jamais dans une société qui n’est pas la leur.

Le prix à payer est que désormais vous ne serez plus le même. Il va falloir l’accepter et décider un jour de ne plus être identifié comme un immigrant, mais bel et bien un Québécois qui défend les valeurs et l’identité québécoises qui s’enrichissent à chaque instant par l’apport de l’immigration. Ce jour-là, il va falloir se défaire d’une partie du contenu de la valise qu’on a ramenée de son pays d’origine tout en l’embellissant avec des effets puisés dans le pays d’accueil… avec fierté!

 

Par Hassan Serraji

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