Le culte du vide

Publié le par intoxikinfo.over-blog.com

Un texte de Mauranne Hogne lu sur librepaix.com

 

Cest l’apologie de l’image. Le culte de l’enveloppe. Le temps des cerises est mort, elles se trempent désormais dans l’or.

Le corps doit parler, être le miroir des pensées, souvent trop communes. Il faut paraître, ou avoir l’air. « C’est le progrès, faut vivre avec son temps » me dit-on souvent… « Que jeunesse se fasse, c’est comme ça, et alors ? ». Et pourtant, je ne cesse de me dire qu’il y a quelque chose qui cloche.consommateur_acteur.jpg

Pourquoi en 2009, toutes les filles deviennent mannequins amateurs ? (D’ailleurs, il y a-t-il réellement de mannequins professionnelles ? Tout est relatif) L’image, cette satané image qui rend le métier de photographe presque illégitime dans les mains des classes populaires. Bombardé de bouches rouges, de dos courbés, d’épaules qui se redressent. Tout un art de vivre (ou de périr, tout est relatif).

Je n’ai rien contre la mode, d’ailleurs, j’adore fouiner dans les vielles boutiques poussiéreuse à la recherche de la perle rare, à moindre coup. J’aime que les femmes soient belles, de leurs robes tournantes, tout en haut de leurs talons, derrière un maquillage sur mesure. Je trouve ça beau, la féminité. Mais là, quelque chose coince. Pourquoi cette si jolie image de femme se transforme en vulgarité percutante à chaque coin de rue, à chaque page myspace, et Facebook.

Quelque chose cloche ! Oui, il faut se l’avouer. Et finalement, en y pensant un peu, la conclusion reste très simple à comprendre ; La véritable cause de ce désir de plaire, plus qu’avant, le besoin d’être regarder, constamment, admiré, désiré, plus que les autres, vient d’un phénomène tout simple et concret, et surtout très actuel. L’absence de repères, et le vide immense d’intelligence.

En fait, tout est intrinsèquement lié, la décomposition des familles, la culture médiocre, l’enseignement malade. Tout en est la cause. Alors il faut montrer qu’on existe, et le choix de miser sur l’apparence reflète bien le niveau intellectuel d’une population complètement perdue. La facilité est le fléau de notre époque. Et comme, plus personne n’a quelque chose à dire, on se tait dans des pauses abruties.

Le culte du vide, du « m’as-tu vu » enveloppe une jeunesse sans repères dans du tissu coloré. Ce mélange de causes est à vomir. Parce que la mode mélangée à la sexualité débordante dans les médias, ça donne une espèce d’édulcorant écœurant et vulgaire.

Les vies ressemblent désormais à des romans photos, chaque pause doit « signifier » quelque chose, une attitude, souvent rebelle mais qui est vide de sens. Les vies sont en fait médiocres et déprimées. Elles se bousculent dans l’hypocrisie et espèrent que sur l’image elles paraîtront moins pâles. Il faut hurler qu’on est en vie, se montrer à tout va, être peopolisé, vu, envié, admiré, désiré.

C’est le culte de l’image, le culte du vide.

Maurane Hogne

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