Taddei, droit de réponse à Bernard Henri levy

Publié le par intoxikinfo.over-blog.com

Polémique. Faut-il inviter Dieudonné à la télévision ? L'animateur se défend.

Dans le dernier numéro du Point, Bernard-Henri Lévy me consacre tout son « Bloc-notes », qu'il termine en attendant de ma part un démenti. M. Lévy est le seul à utiliser ce genre de procédé : écrire n'importe quoi et exiger ensuite qu'on le démente... Ceci n'est pas un démenti. C'est un droit de réponse à ses élucubrations. Prenant prétexte d'une longue interview publiée par Les Inrockuptibles, Bernard-Henri Lévy me reproche d'avoir dit que, si j'ai reçu trois fois Dieudonné en quatre cent cinquante « Ce soir (ou jamais !) », c'est pour montrer que Dieudonné n'est pas interdit de télévision, comme on le prétend sur certains forums Internet, qu'il n'y a pas de complot pour l'empêcher de s'exprimer et que j'en suis la preuve puisque je l'ai reçu - non pas pour tenir un meeting, mais pour débattre, face à des contradicteurs, sur sa conception de l'humour et de la liberté d'expression - et que personne ne m'a téléphoné pour interdire ou déconseiller sa venue. C'est parce que j'ai dit «la preuve, la seule » que Bernard-Henri Lévy se « frotte les yeux » et se demande si j'ai bien relu mes propos avant parution - je ne les ai pas relus, mais c'est sans importance, je n'aurais jamais pu y voir tous les fantasmes qu'il projette sur ces quatre mots. Si je réponds que je suis « la preuve, la seule », c'est parce qu'on me demande pourquoi je suis le seul à inviter Dieudonné ! Dans son « Bloc-notes », le complot pour interdire Dieudonné à la télévision, dont je dis qu'il n'existe pas, est assimilé par M. Lévy à un « complot juif », puis au «complot juif mondial ». Pour lui, je me présenterais comme la seule preuve que le complot juif mondial n'existe pas, ce qui voudrait dire que, sans moi, il pourrait bien exister ! On croit rêver... Il n'a jamais été question de complot juif dans l'interview, ni d'un complot juif mondial. Bernard-Henri Lévy parle tout seul et me demande de démentir les propos qu'il a lui-même tenus. Si, pour lui, dire que quelque chose n'existe pas, c'est lui donner de la réalité, c'est Bernard-Henri Lévy qui a un problème avec la réalité, ce n'est pas moi. Et le voilà qui commet une de ces « confusions » dont il devient coutumier. M. Lévy, tout en feignant de s'en réjouir, semble reprocher à la télévision publique d'avoir prolongé«jusqu'en 2014 le bail de ce résistant »(c'est moi, le résistant). Le hic, c'est qu'il a pêché cette info sur Twitter, sans vraiment lire, selon son habitude, car le Taddei dont « le bail » a été prolongé jusqu'en 2014, ce n'est pas moi, c'est Rodrigo Taddei, un milieu de terrain avec lequel il me confond, et France Télévisions n'a rien à voir là-dedans, il s'agit de l'AS Rome, un club de football ! Je n'ai signé aucun contrat de longue durée avec France 3. Le président de France Télévisions peut mettre fin à mes fonctions s'il le désire. Mais c'est de son ressort, pas du ressort de Bernard-Henri Lévy. Je croyais naïvement que M. Lévy voulait être le Sartre de son époque. Je me trompais. Il se contente d'un rôle moins ambitieux : agent de la circulation médiatique. Il siffle quand ça lui déplaît, agite son bâton, demande les papiers, fait souffler dans le ballon. Heureusement que nous vivons en démocratie, sinon il nous passerait à tabac !

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